vendredi 27 avril 2018

Le soutien scolaire a du succès !




Ils ont entre 6 et 14 ans. 
Ils vivent avec leurs parents dans une cabane sur un parking désaffecté, à Lyon 9ème.
Ils vont à l’école, et ils ont envie d’apprendre. 

Lorsqu’une séance de soutien scolaire leur est proposée le mercredi après-midi, ils sont tous au rendez-vous, cartable au dos, pressés de rejoindre la salle où l’ARFRIPS (Association Régionale pour la Formation, la Recherche et l'Innovation en Pratiques Sociales.) les accueille avec C.L.A.S.S.E.S., à 100 m de leur lieu de vie.
Pendant une heure on les voit penchés sur leur cahier, ils ne sont plus des enfants sur un bidonville, ils sont des écoliers fiers de nous montrer leurs progrès en français, en lecture, en calcul,....

Nous savons que leur scolarité ne sera pas des plus faciles, parce que les changements de lieux de vie ne leur ont pas permis d’avoir un parcours scolaire régulier, parce que leurs conditions de vie ne favorisent pas les apprentissages ni l’assiduité scolaire. 

Mais leur enthousiasme, leur désir d’apprendre, nous encouragent à continuer à les accompagner, et nous donnent l’espoir qu’ils connaitront une vie moins misérable que celle que subissent leurs parents.


Cela se passe dans le quartier Gare de Vaise 
tous les mercredis, à 14h, jusqu’à la fin de l’année scolaire. 
Et c’est suivi à 15h15 d’une séance d’atelier peinture sur le lieu de vie.

Si vous voulez rejoindre l’équipe de bénévoles, vous serez les bienvenus !

Il suffit de contacter Blandine Billaux au 06 80 71 32 96


vendredi 9 février 2018

Retour sur 2017 et regards vers 2018


Les actions de CLASSES :

Au dernier trimestre 2017, les bénévoles de CLASSES ont suivi  202 enfants scolarisés :
                - 30 en maternelle
                - 100 en élémentaire
                - 59 au collège
                - 13 au lycée

Ces enfants sont scolarisés sur toute l'agglomération lyonnaise, dans 107 établissements scolaires différents !
Grâce à l'aide de nos donateurs, nous avons pu financer les abonnements TCL  pour ceux qui, suite à une expulsion, un changement de lieu de vie ou d'hébergement, se retrouvaient loin de leur école.

De plus, nous avons également été en contact avec 101 enfants non scolarisés : l'année 2018 s'annonce donc laborieuse pour l'équipe de CLASSES.



L'année passée, après plusieurs mois et courriers de signalement, nous avons obtenu de la part du Défenseur des Droits la reconnaissance d’un cas de discrimination dans l’accès à l’éducation fondée sur  l’origine et le lieu de résidence des enfants. Le Défenseur des Droits a rappellé au maire de la commune signalée l’obligation de scolariser tous les enfants présents sur le territoire de sa commune. Cette décision a été transmise au procureur de la République de Lyon.



En 2018, CLASSES continuera à être vigilant pour faire respecter ce droit à la scolarisation pour tous les enfants, et travaillera pour rendre cette scolarisation adaptée aux enfants que nous suivons, au parcours souvent difficile.

Il reste beaucoup à faire pour que les enfants vivant en habitat précaire bénéficient pleinement, comme tous les enfants, de leurs droits à l'éducation. Nos référents continueront donc à être présents et actifs sur les terrains, travaillant avec les partenaires que sont l'Éducation Nationale, les administrations et collectivités locales, les associations d'aide aux mal-logés et aux migrants.
 

mardi 12 décembre 2017

Un cas de discrimination reconnu par le Défenseur des droits

Septembre 2015 
Une famille rom roumaine, vivant dans un bidonville à St-Priest, se voit refuser par le maire de la commune l’inscription de ses deux filles de 6 et 9 ans à l’école.

Novembre 2015 
Avec le soutien de l’association C.L.A.S.S.E.S., la famille porte plainte auprès du Défenseur des droits.

Novembre 2017 
La décision arrive enfin : Jacques TOUBON, Défenseur des droits, reconnait un cas de discrimination, et rappelle au maire de St-Priest, au préfet et au directeur académique leurs obligations.

En effet, le Défenseur des droits :
- Conclut à l’existence d’une discrimination dans l’accès à l’éducation fondée sur  l’origine et le lieu de résidence des enfants

- Conclut à l’existence d’une atteinte au droit à l’éducation et à l’intérêt supérieur des
enfants

- Rappelle au maire de St-Priest l’obligation de scolariser tous les enfants présents sur le territoire de sa commune

- Recommande au maire de St-Priest de mettre en œuvre une procédure permettant que soit immédiatement délivré, au guichet, un récépissé constatant la date du dépôt de la demande et les pièces produites 

- Rappelle au préfet du Rhône son obligation d’inscription scolaire des enfants en cas de
carence constatée du maire
dans l’exercice de son pouvoir de police


- Rappelle au directeur académique des services de l’éducation nationale du Rhône qu’il peut procéder à la scolarisation temporaire des enfants, nonobstant leur absence d’inscription scolaire par le maire

- Demande au maire de St-Priest, au préfet du Rhône et au directeur académique des services de l’éducation nationale du Rhône de lui faire part des suites données à la présente décision dans un délai d’un mois à compter de la notification

- Transmet cette décision au procureur de la République de Lyon, afin qu’il apprécie les suites qu’il entend donner aux faits relatés.

Patience et longueur de temps…. finissent par payer…
Si cette décision arrive trop tard pour régler la situation particulière de ces deux enfants (dont la famille a été expulsé de St Priest en 2016), elle est néanmoins importante pour toutes les familles qui subissent ce type de discrimination, et pour tous ceux qui militent pour faire respecter le droit à la scolarisation. 
Continuez, monsieur le Défenseur des droits !